Est-ce qu'un agent IA peut trouver de l'uranium ?Can an AI agent find uranium?
La question arrive en discussion, posée à voix haute. Je la trouve naïve et je la garde. La réponse courte : oui, une partie du travail qui prenait des mois à des géomaticiens se fait maintenant en quelques semaines avec des agents. Mais ce n'est pas elle, la vraie réponse.The question came up in conversation, asked out loud. It sounded naive and I kept it. The short answer: yes, a chunk of the work that used to take a team of GIS specialists months can now be done in a few weeks with agents. But that's not the actual answer.
Le contexte est connu. L'Europe veut sa souveraineté sur les minéraux critiques. Le BRGM a relancé en 2025 un Inventaire des Ressources Minérales à 53 M€ sur cinq zones métropolitaines, et toutes les données brutes qui en sortiront seront publiées sur InfoTerre et data.gouv.fr. En face, KoBold Metals a levé plus de 500 M$ pour appliquer du machine learning à la prospection et a annoncé en 2024 la plus grosse découverte de cuivre en Zambie depuis une décennie.
Ce qui est ouvert, concrètement
Le BRGM sert ses données via des flux WMS/WFS interrogables par QGIS ou un script Python. Cartes géologiques au 1/50 000, Banque du Sous-Sol (logs de forages), géophysique, base « Gisements, gîtes et indices » : ~4 400 enregistrements en métropole, rien qu'à ouvrir. S'y ajoute Sentinel-2 pour l'imagerie multispectrale, Google Earth Engine pour traiter ça dans le cloud, et USGS EarthExplorer pour l'ASTER (bandes SWIR utiles pour certaines signatures minérales). Tout gratuit.
Ce qu'un agent fait en quatre semaines
Un agent code écrit les requêtes WFS, pagine, harmonise les systèmes de coordonnées, convertit tout en GeoPackage. Il passe les vieux rapports BRGM scannés — années 70-90, souvent les seuls à contenir les analyses géochimiques à l'échelle de la parcelle — dans un modèle de vision comme Claude qui restitue les tableaux en CSV propre. Il calcule les indices spectraux sur Sentinel-2. Il entraîne un Random Forest ou un XGBoost en prenant les gisements connus comme labels positifs. À la sortie : une carte de probabilité, une shortlist de zones « chaudes ». C'est exactement le livrable que vendent les juniors d'exploration à des investisseurs ou au BRGM lui-même.
Le point
La tech n'est plus le goulot. Quatre semaines suffisent pour produire une carte prédictive sérieuse à partir de données publiques. Reste le reste.
Ce que l'agent ne remplace pas
Une anomalie statistique n'est pas un gisement. Un géologue la regarde et dit « ça, c'est un artefact des années 80 où le laboratoire a changé de méthode » ou « ça ressemble à une altération hydrothermale mais la lithologie ne colle pas ». C'est pour ça que KoBold emploie des dizaines de géoscientifiques en plus de ses data scientists. L'IA propose, un humain qui connaît le terrain dispose.
Derrière : la qualité des données. Des coordonnées de forages de 1980 décalées de 500 mètres, un modèle l'apprend comme une vérité. Et surtout, il faut aller voir. Un forage de reconnaissance coûte entre 50 000 et 200 000 € selon la profondeur. En France, l'exploration est encadrée par un Permis Exclusif de Recherches — enquête publique, avis des collectivités, délais. Aucun agent ne gère ça.
La réponse honnête
Un individu seul ne va pas concurrencer KoBold. Mais une équipe de deux avec des agents bien utilisés peut produire, sur une zone ciblée, un livrable qui aurait nécessité cinq personnes il y a cinq ans. Et il y a des angles morts français que les majors ne regardent pas : terres rares, antimoine, germanium — des substances que l'inventaire de 1975-1995 n'a pas cherchées sérieusement parce qu'on ne savait pas les doser finement.
Ce n'est pas le sujet que Solverys va monter cette année. Mais la note reste, parce que la frontière entre « sujet d'experts » et « sujet d'ingénieur motivé avec de bons agents » se déplace vite, et celle-là vient de bouger.
The context is well known. Europe wants sovereignty on critical minerals. The BRGM (France's geological survey) relaunched in 2025 a €53M mineral resources inventory across five mainland areas, and all raw data will be published on InfoTerre and data.gouv.fr. On the other side, KoBold Metals raised $500M+ to apply machine learning to exploration and announced in 2024 the largest copper discovery in Zambia in a decade.
What is actually open
BRGM serves its data over WMS/WFS feeds that QGIS or a Python script can query. 1/50,000 geological maps, the Subsurface Bank (drill logs), geophysics, the "Deposits and Mineral Occurrences" database: ~4,400 records for mainland France, one request away. Add Sentinel-2 for multispectral imagery, Google Earth Engine to process it in the cloud, and USGS EarthExplorer for ASTER (SWIR bands picking up specific mineral signatures). All free.
What an agent does in four weeks
A code agent writes the WFS queries, paginates, harmonises coordinate systems, converts everything to GeoPackage. It feeds scanned BRGM reports — 1970s–90s, often the only place where parcel-level geochemistry lives — into a vision model like Claude which returns clean CSV tables. It computes spectral indices on Sentinel-2. It trains a Random Forest or XGBoost model with known deposits as positive labels. Output: a probability map, a shortlist of "hot" zones. That's exactly the deliverable junior explorers sell to investors or to the BRGM itself.
The point
Tech is no longer the bottleneck. Four weeks is enough to build a serious predictive map from public data. The rest is what's hard now.
What the agent does not replace
A statistical anomaly is not a deposit. A geologist looks at it and says "that's an artifact from the 1980s when the lab changed analytical methods" or "it looks like hydrothermal alteration but the lithology doesn't fit". That's why KoBold employs dozens of geoscientists alongside its data scientists. AI proposes; a human who knows the ground decides.
Then there's data quality. A 1980 borehole coordinate off by 500 metres gets learned as truth by any model. And above all, you have to go look. A reconnaissance drill costs €50k–€200k depending on depth and terrain. In France, exploration sits under a Permis Exclusif de Recherches — public enquiry, local council opinion, timelines. No agent handles that.
The honest answer
A single person won't compete with KoBold. But a two-person team using agents well can produce, on a targeted area, the deliverable that would have taken five people five years ago. And there are French blind spots that majors don't look at: rare earths, antimony, germanium — substances that the 1975–1995 inventory did not seriously chase because assay methods couldn't resolve them at low concentrations.
This isn't the topic Solverys will pick up this year. But the note stays, because the line between "expert field" and "motivated engineer with good agents" is moving fast, and this one just moved.